Agritel a réalisé son sondage annuel, du 18 au 22 juillet 2022, auprès d’un large panel d’opérateurs de la filière afin d’estimer la récolte française de blé tendre[1]. La production 2022, déjà très sollicitée sur le marché mondial, se situe sous la moyenne des dix dernières années.

Paris, le 26 juillet 2022 – « Agritel estime la récolte française de blé tendre à 33,44 millions de tonnes. D’une précocité historique, cette moisson se caractérise par une grande hétérogénéité dans les rendements » annonce Michel Portier, directeur général d’Agritel.

Une production qui a subi de nombreux aléas climatiques

La campagne a été marquée par une succession d’évènements climatiques pénalisants. Selon les régions, les producteurs français ont dû faire face au gel, à la sècheresse, à la grêle ou encore aux températures caniculaires. Ces phénomènes ont touché la majeure partie de l’Hexagone avec des degrés d’intensité différents, ce qui explique l’hétérogénéité du cru 2022. « Un gradient allant du Sud vers le Nord se dessine avec des rendements qui déçoivent fortement au sud de la Loire » précise Michel Portier. Il ajoute : « Le printemps sec laissait craindre le pire mais les pluies tardives du mois de juin ont sauvé la situation dans les régions situées au nord de la Loire. »

Ainsi, la production française 2022 de blé tendre s’affiche à 33,44 Mt, en baisse de -2 Mt par rapport à l’an passé (35,43 Mt). C’est la 7e plus faible récolte depuis 2000. Cette estimation se base sur les surfaces établies par le ministère de l’Agriculture : 4,71 millions d’hectares, en baisse de -5,6 % par rapport à la campagne précédente. Le rendement est estimé à 71,1 quintaux par hectare selon Agritel, soit -0,90 % sous la moyenne des dix dernières années. « Face à des conditions météo très dures, une très grande hétérogénéité de rendements est également enregistrée au sein même des exploitations selon les types de sols, les précédents et les variétés » détaille Michel Portier.

Une qualité à homogénéiser

Mis à part quelques zones précoces affectées par les pluies de juin, les critères qualitatifs sont bons dans l’ensemble. Seuls les taux de protéines sont parfois un peu faibles au nord de la Loire. « Entre les impasses liées à la sécheresse du printemps, de meilleurs rendements qu’attendus ou une réduction des doses appliquées en raison des prix record de l’azote, les facteurs limitants la protéine sont multiples » détaille Michel Portier. « Cela nécessitera davantage de travail d’homogénéisation des lots mais la qualité globale est bien là. Nos principaux débouchés trouveront ainsi la marchandise recherchée » insiste-t-il.

Les carnets de commande se remplissent précocement à l’export

« Bien que les disponibilités de blé français soient réduites cette année, la demande est particulièrement soutenue sur la scène internationale » confie Michel Portier avant d’ajouter : « Les principaux importateurs ont réalisé de faibles récoltes cette année. Le Maroc par exemple a produit 2,3 Mt, tous blés confondus, contre plus de 7 Mt en 2021 ». La faiblesse de l’euro vis-à-vis du dollar, mais surtout l’absence jusqu’alors des blés ukrainiens et la faible présence des blés russes sur le marché, permettent aux blés français de s’exporter plus rapidement que d’habitude. Reste désormais à surveiller la mise en application du récent accord sur les corridors d’exportations de céréales en Ukraine, et la montée en puissance des exportations russes, afin de savoir si le marché mondial du blé parviendra à s’équilibrer ou, au contraire, continuera à très fortement solliciter le blé français. « C’est donc dans une extrême volatilité que les cours devraient poursuivre leur évolution. Cela rappelle que la gestion du risque de prix est le facteur clé de la performance économique, tant chez les producteurs que chez les organismes stockeurs et les industriels de l’agro-alimentaire. » conclut Michel Portier.

A propos d’Agritel

Agritel est une société de conseil sur les marchés des secteurs agricoles, agro-alimentaires et agro-industriels. Agritel fournit les outils, les connaissances et le savoir-faire utilisés depuis plusieurs décennies dans le monde de la finance en matière de gestion des risques et de couverture pour accompagner les opérateurs des filières agricoles. Créé en 2001 par Michel Portier, Agritel décline aujourd’hui son expertise sur trois métiers : la formation, l’information et le conseil. La société a rejoint en 2020 le groupe Argus Media, présent dans plus de 20 pays dans le monde.

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