Lors de son Assemblée Générale annuelle, l’USIPA, fédération des industriels producteurs d’amidon et produits dérivés, est revenue sur l’année 2020. Une année particulière, marquée par la pandémie de Covid_19 et les confinements qui ont entraîné une baisse d’activité. Si la reprise est au rendez-vous depuis le début de l’année, elle est fragilisée par une conjoncture difficile de triple hausse des prix des matières premières, du transport et de l’énergie.

« Malgré une crise sans précédemment, notre industrie a su relever le défi d’assurer un approvisionnement vital à l’alimentation de nos concitoyens, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire tricolore. Toutefois, économiquement, nous n’avons pas échappé au repli. Notre activité enregistre une baisse de 6%, un résultat supérieur à la baisse du PIB 2020 dans son ensemble (-8,3%) » déclare Marie-Laure Empinet, présidente de l’USIPA, qui ajoute « Le premier trimestre 2021, témoigne en revanche d’une reprise économique rapide ».

Toutefois cette reprise est rendue difficile par de nombreux facteurs externes : « Si les carnets de commande se sont bien remplis depuis le début de l’année, le secteur pâtit d’une hausse sans précédent de nos coûts de fabrication et de distribution ». Le coût de la matière première représente en effet 40 à 60% du coût de production de l’amidon. Or si la récolte de blé en France, qui s’est achevée il y a quelques semaines, a rassuré sur les quantités disponibles, les cours demeurent très instables et connaissent une forte hausse. En un an l’augmentation a été de 40%.

Reste à attendre la fin des récoltes de maïs et de pomme de terre, autres matières premières utilisées par l’amidonnerie, mais elles s’annoncent, là encore, avec des hausses probables de prix tant les conditions météorologiques de cet été pluvieux auront nécessité une attention particulière pour éviter les contaminations.

L’amidonnerie française est une industrie de volume. Elle est donc particulièrement affectée par la désorganisation que connaît le secteur du transport en raison de la pénurie de conducteurs de camions. Quant au fret maritime son prix a bondi de + 86% en un an. Il subit aussi de fortes désorganisations qui impactent les délais de livraison du fait de la pénurie de conteneurs. Or cette industrie a encore réalisé en 2020 74% de son chiffre d’affaires à l’export, dont un tiers hors Union européenne.

Le secteur de l’énergie participe également à l’augmentation des coûts de production de l’amidon. Le prix du gaz a vu sa valeur quadrupler depuis avril 2021 et l’électricité suit le même chemin. Un autre élément vient s’ajouter : le carbone. Le prix des permis d’émissions de COa doublé sur le marché européen, passant de 30€ en début d’année à plus de 60€ la tonne huit mois plus tard. Une conjoncture compliquée qui aura nécessairement des impacts sur le prix des produits finaux.

L’USIPA rappelle également les efforts réalisés par cette industrie pour réduire son empreinte carbone : entre 2015 et 2020 ses émissions de CO2 ont baissé de -12%. L’adoption d’une feuille de route sectorielle doit permettre de poursuivre ces efforts. Des changements qui se font dans la durée, et ont un coût important. Marie-Laure Empinet indique que « les investissements nécessaires à l’achèvement de notre transition écologique et à l’atteinte de la neutralité carbone nécessiteront un soutien de la Puissance publique dans la durée, comme elle l’a fait en 2020 ».

Face à cette situation difficile, l’USIPA reste confiante. C’est une filière qui répond aux besoins sociétaux et accompagne les transitions de ses clients industriels. Une activité qui apporte notamment des réponses concrètes aux nouveaux besoins alimentaires. « La réduction de sucre, sel, matière grasse dans l’alimentation humaine et donc l’amélioration du Nutri-Score sont des enjeux pour lesquels la diversité des ingrédients de l’amidonnerie propose des solutions » déclare Mariane Flamary, déléguée générale de l’USIPA.

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