Alors que la demande chinoise reste soutenue et que les stocks des grands pays exportateurs de céréales sont très faibles, l’appétit sans précédent des fonds spéculatifs sur ces marchés intensifie une inquiétante volatilité des prix. Une situation très tendue qui pourrait devenir explosive en cas d’incident climatique. Dans ce contexte, le Brésil, deuxième exportateur mondial de maïs, inquiète particulièrement et apparaît plus que jamais comme le maillon faible du marché mondial des céréales.

Paris, le 29 avril 2021 – « Que ce soit en Amérique du Nord, en Europe ou sur la mer Noire, les conditions climatiques actuelles sont mitigées pour le bon développement des cultures, mais c’est sur le maïs brésilien que nous constatons à ce jour les plus grosses pertes de potentiel de production. » alerte Sébastien Poncelet, Directeur du développement au sein du cabinet Agritel.

Le Brésil est désormais devenu un acteur majeur et incontournable du marché mondial : la production de maïs a atteint les 100 Mt l’an passé contre 35 Mt il y a vingt ans. « Le maïs suit le développement exponentiel du soja dans le pays. Et pour cause : 75 % des surfaces de maïs au Brésil sont semées en 2 ème récolte en février sitôt le soja moissonné. On parle traditionnellement de la « Safrinha », soit en portugais : la petite récolte qui arrive en 2e. » explique Sébastien Poncelet.

Cette capacité à cultiver deux récoltes par an est un atout pour l’agriculture brésilienne mais présente également des limites selon Sébastien Poncelet : « Même en zone tropicale, faire pousser du maïs à contre-saison et en moins de 5 mois est un réel challenge ». Selon les régions de ce pays, grand comme 15 fois la France, les difficultés rencontrées sont différentes. Au centre, c’est la saison sèche avec une absence de pluie durant 4 mois dès la mi-mai. Dans le sud, c’est le gel avec un risque de températures négatives dès début juin. L’impact de ces facteurs climatiques peut entraîner des pertes très conséquentes pour le maïs. 

Pour le spécialiste d’Agritel, la « Safrinha » est à très haut risque cette année : « Avec les intempéries, la récolte du soja a été retardée de 2 à 3 semaines et les semis de maïs qui devaient suivre ont été réalisés en dehors de la fenêtre climatique idéale pour 25 % des surfaces. Pour ne rien arranger, le mois d’avril vient de connaître une importante sécheresse avec des précipitations, inférieures de 50 % à la moyenne sur les zones de maïs. Une situation qui devrait perdurer les deux prochaines semaines selon les modèles météo ».

La production totale de maïs au Brésil, initialement attendue par l’USDA à 109 Mt pour la campagne 2020/2021, est donc largement remise en cause : « Nous estimons que le pays a déjà perdu 10 millions de tonnes. Et si rien ne change très rapidement, les pertes risquent de s’aggraver. » prévient Sébastien Poncelet.

Avec un marché domestique déjà très tendu au Brésil, toute perte de récolte engendrera mécaniquement une baisse de l’offre de maïs sur le marché mondial. « Ce probable manque brésilien, il faudra le compenser par du maïs américain, par du blé ou par un rationnement de la demande. C’est l’Europe qui risque d’être la plus touchée car habituellement les 2/3 de nos importations de maïs d’août à octobre proviennent du Brésil » précise Sébastien Poncelet avant de conclure : « La nouvelle campagne qui va débuter en céréales risque d’être tout aussi volatile que la précédente avec de nombreux risques pour l’ensemble de la filière ».

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À propos d’Agritel

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