La place de l’Ukraine sur le marché mondial des huiles et des céréales est très importante. Un blocage logistique des ports aurait donc de fortes répercussions haussières sur le marché, et qui seraient inédites en cas de conflit armé terrestre de grande ampleur. Les engrais et le gaz étant les leviers de la Russie, leurs cours pourraient rester élevés en Europe.

Paris, le 23 février 2022 – « L’Ukraine sort d’une campagne record en production de céréales comme de tournesol. Le pays se classe cette année comme le 7ème producteur de maïs et de blé et comme le premier producteur de tournesol » déclare Michel Portier, directeur d’Agritel. Toutefois, sa place à l’export est beaucoup plus importante. Le pays est en quatrième position sur les exportations de blé et de maïs et s’affirme en leader sur l’huile de tournesol avec plus de 50 % des parts de marché à l’échelle mondiale.

Les craintes d’un conflit armé bloquant la logistique ukrainienne sont réelles. Si elles se concrétisent, le marché mondial se verrait couper d’une source importante de matières premières agricoles. À début février, l’Ukraine disposait encore de plus de 6,3 Mt de blé tendre à exporter, soit une quantité record pour cette période de l’année. Habituellement sur les mois de février et de mars le pays compte pour 8 à 10 % du marché mondial. Du côté du maïs, le constat est encore plus lourd car le pays compte habituellement pour 25 à 30 % du commerce des 4 grands exportateurs sur cette même période. « C’est surtout sur l’huile de tournesol que pèse le plus grand danger. L’Ukraine capte près de 50 % des parts de marché sur les mois d’hiver ce qui met à risque toute la logistique chez les principaux importateurs » précise Michel Portier.

À cette heure, les flux se poursuivent malgré une prime de risque élevée qui se fait sentir sur les taux de fret sur la mer Noire qui ont bondi depuis le début de la crise. Pour faire face à cette crise, les grandes puissances occidentales préparent des sanctions qui sont annoncées au fur et à mesure.

De son côté, la Russie ne manque pas de levier d’actions pour tenter d’asphyxier l’économie européenne. Tout d’abord avec le gaz. L’Europe a importé 35 % de ses besoins en provenance de Russie en 2021. En cas d’escalade, le marché du gaz européen devrait rester sous tension comme ce fut le cas au cours des derniers mois. Dans le même temps, l’Europe est également friande du pétrole russe qui comptait en 2021 pour près du quart des importations. Dernier point de grande dépendance, les engrais sont importés à hauteur de 25 % en provenance de Russie sur le sol du Vieux Continent. « La tension sur les engrais pourrait donc croître à nouveau en cas de contre sanction russe à l’égard des importateurs européens » conclut Michel Portier.

 

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