Economie et agri

Elections municipales 2026 : « La jeunesse agricole a sa place dans les listes municipales »

Pierrick Horel, président de Jeunes Agriculteurs
David Lisnard, président de l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF)

Depuis toujours, les agriculteurs participent activement à la vie communale.
À l’approche des élections municipales de 2026, Pierrick Horel, président du syndicat Jeunes Agriculteurs et David Lisnard, président de l’Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF), appellent la nouvelle génération à prendre le relais et à poursuivre cet engagement historique.

Dans la continuité de la campagne de communication nationale de l’AMF « Osez l’engagement » et à l’occasion du 107e Congrès des maires de France et de son Salon où Jeunes Agriculteurs participe aux échanges, ils rappellent que s’impliquer dans un conseil municipal est une nécessité pour porter ensemble une vision partagée de la commune de demain, souvent rurale, et relever les défis du XXIe siècle : alimentation locale et de qualité, gestion durable du foncier, transition écologique et protection des ressources. Les agriculteurs ont toujours contribué au dynamisme et à la vitalité des communes — leur voix est indispensable pour bâtir des campagnes vivantes, solidaires et attractives.

« Les agriculteurs participent, historiquement, activement à la vie locale, que ce soit au sein des conseils municipaux ou encore de la vie associative. Aujourd’hui, avec plus de 6 000 maires agriculteurs, il s’agit de la profession la plus représentée. L’agriculture a une place particulière dans la commune : elle structure les paysages, dynamise l’économie locale et garantit aussi bien notre souveraineté alimentaire que l’accès à une alimentation de qualité pour tous. Les agriculteurs contribuent aussi aux services publics comme lorsqu’il faut intervenir sur des routes enneigées ou débloquer un véhicule sur la route.

Sur le plan national, la profession fait face à de nombreux défis : baisse du nombre d’agriculteurs et d’exploitations, changement climatique, réduction des soutiens de la PAC, concurrence déloyale, hausse du coût de l’énergie, etc. Il y a aussi l’accroissement des normes et de la bureaucratie, que les maires eux aussi connaissent bien. Chez les agriculteurs comme les maires, elle est source de découragement voire de démissions. Pour toutes ces raisons, l’AMF s’est toujours mobilisée au profit des agriculteurs sur les enjeux en communs, en obtenant la non-prise en compte des indemnités d’ancien élu dans le calcul des aides de la PAC par exemple, ou encore en permettant aux élus-retraités agricoles de pouvoir liquider leur retraite au cours du mandat. Le syndicat Jeunes Agriculteurs travaille depuis bientôt 70 ans non seulement pour défendre la profession mais aussi comme école de formation pour les leaders de demain : syndicalistes, coopérateurs mais aussi représentants politiques, comme les maires. Beaucoup de noms sont passés dans leurs rangs, dont certains très célèbres.

L’AMF et les organisations représentatives du monde agricole ont beaucoup renforcé leurs liens ces dernières années. Les maires se réunissent désormais chaque année à l‘occasion du Salon International de l’agriculture à Paris et de nombreux professionnels du monde agricole sont présents au Salon des maires.

De leur côté, les conseils municipaux agissent au profit des agriculteurs pour leur offrir le meilleur cadre de travail possible. Aux côtés de l’éducation, de la santé, de la sécurité ou de l’urbanisme, l’agriculture et l’alimentation sont devenues des piliers des projets municipaux : soutien aux projets d’installation, partenariats avec les lycées agricoles pour former les futurs talents, approvisionnement des cantines en produits locaux ou encore sensibilisation des citoyens à l’importance de l’agriculture, que ce soit en zone rurale ou urbaine, où les questions d’alimentation durable, de gaspillage ou de reconnexion à la terre résonnent fortement.

La présence des agriculteurs dans les conseils municipaux est aussi essentielle pour la qualité du débat public. Cela permet d’échanger sur la préservation du foncier agricole dans les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) en conciliant les enjeux à la fois de développement des communes sur les plans économique, démographique, d’infrastructures et d’équipements tout en veillant à préserver l’avenir des exploitations sur place. Ou encore en matière d’enjeux écologiques, telle que la préservation de la ressource en eau et de sa qualité à travers la protection des nappes phréatiques et des captages d’eau.

Alors qu’un renouvellement générationnel majeur se profile dans le monde agricole, puisque la moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici 2030, il est essentiel que nous puissions préserver ces liens entre les élus et les agriculteurs. C’est pourquoi nous appelons les jeunes agriculteurs à se présenter sur les listes, à participer aux débats locaux, et à porter une vision ambitieuse pour leur commune, comme leurs aînés l’ont fait avant eux. Car c’est ensemble, élus et agriculteurs, que nous construirons des campagnes vivantes, résistantes et solidaires, où il fait bon vivre, avec des services publics de qualité et une économie locale rayonnante. »

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